vendredi 19 avril 2019

18 avril, Laimbolo la suite

Jeudi 18 avril

C'est le Jeudi Saint alors les hommes se sont levés de bonne heure pour cuire les mofo gasy, sorte de pain sucré à la farine de riz (assez étouffe chrétien à notre point de vue...) qui seront vendus lors de l'office auquel nous sommes invités.


Pendant ce temps là le moulin à décortiquer le riz scande des teuf teuf réguliers dans le calme matinal.


Dans le jardin proche on peut admirer une magnifique fleur de bananier avant que nous ne rentrions déjeuner chez Manitra et Anitra qui nous reçoivent comme des princes.


L'incroyable maison de nos hôtes construite loin de toute route. Comment font-ils ?

Nous suivons Manitra à l'église luthérienne du village... Nous sommes en retard d'une petite heure.

Le temple (qui ressemble bigrement à une église) est archi plein, il y a des bapêmes et des confirmations aujourd'hui

C'est parti pour 4 baptêmes... Le pasteur nous salue, c'est la première fois que des vahzas (blancs étrangers) assistent à un office ici...

Pour accompagner les chorales (magnifiques) les organistes se succèdent sur l'équipement de Manitra qui fournit l'électricité depuis sa maison par une connexion aérienne.

Les confirmations luthériennes n'ont rien à voir avec les rituels catholiques. Il s'agit de réciter une sorte de "catéchisme" appris par cœur sous la surveillance du pasteur.

L'assemblée vue du premier étage, accessible sans la moindre rambarde...

L'assemblée valide les réponses des confirmants en bougeant la main sans bruit... étonnant !

Manitra est un très bon pianiste qui accompagne la chorale de l'église dirigée par son neveu (quelle voix !). Son papa, ancien pasteur, nous dira qu'il a écrit plus de 1500 chansons et hymnes.

Manitra et Anitra à la sortie de l'office, il est presque 13 h...

Comme toujours il y a beaucoup de mouvements pendant les cérémonies et les gens patientent en discutant ou mangeant un morceau.
 Petit à petit la sono prêtée par Manitra revient à la maison


sous l’œil amusé de la maman et de ses filles.

Le neveu ramène aussi un des claviers mis à disposition.

Après le déjeuner nous partons voir les travaux réalisés au CSB1. Pour l'instant, l'extérieur n'est pas encore concerné.
Pour ce qui est de l'intérieur, Elise en a les bras qui tombent ! le matériel médical, sans la moindre protection, a été repoussé au centre de la pièce tandis qu'on refaisait l’enduit des murs. Une couche de poussière le recouvre, y compris des vaccins de BCG ! La sage femme titulaire est en congé maternité. Elle va accoucher à Antsirabe (prudente non ?). La jeune qui reste là est une sage femme "bénévole" formée (?) à Antsirabe en 3 années après le bac. Elle a l'air bien apathique... 


La salle des accouchées est moins délabrée, mais bien triste encore. Il y a eu deux naissances hier (il y en a environ 15 par mois). Quand on voit l'endroit et la jeune femme on tremble en pensant aux possibles complications...

Pas très sympathique comme literie, non ? Pour cette jeune femme, c'est son premier enfant...

Qui raccrochera la porte des toilettes ?

Avec un français approximatif elle essaie de nous expliquer un comportement qui ne nous paraît pas trop professionnel.

Elise entreprend de dépoussiérer les boîtes de seringues et vaccins et les matériels encore utilisables. Elle montre des trésors de pédagogie pour retenir des remarques beaucoup plus désagréables. Sera-t-elle entendue ?

Parmi les grandes misères, il y a eu l'examen des dates de péremptions des vaccins de BCG gardés hors frigo (en marche, mais vide)... certains étaient périmés depuis 2014 ! Au bout d'un moment on file après qu'Elise ait proposé une aide à la gestion rationnelle d'un tel centre... qu'en adviendra-t-il au retour de la titulaire que l'on sait par ailleurs trop souvent absente et qui revendrait certains médicaments ?... Elise est bien colère après cette escale.

Après cet épisode (douloureux) on entreprend de faire l'inventaire des positionnements de bornes de la branche N°1 du futur réseau d'eau, en s'arrêtant sur place, en discutant avec les bénéficiaires. Manitra prend des photos, discute et propose aux gens de revenir après qu'ils se soient concertés. Nous nous basons sur le plan de masse de Gabriel dont j'ai laissé un exemplaire sur l'ordinateur de Manitra. Pas question de tout bouleverser ! Quand nous finissons, la nuit tombe et l'orage gronde à nouveau. Je crois que c'est la bonne méthode (un voisin du CSB nous a donné des arguments tout à fait valables pour modifier la solution prévue). La soirée sera bien tranquille après un bon repas pris en famille.





Aucun commentaire:

Publier un commentaire