vendredi 19 avril 2019

19 avril Manandona le retour

Vendredi 19 avril

Nous finissons les transferts de fichiers que Manitra souhaite garder sur son ordinateur puis nous nous préparons à partir. Beaucoup d'émotion en quittant cette famille si joyeusement accueillante. Son papa vient nous saluer et nous rendre la lampe prêtée hier soir pour lui éviter une chute probable sur le chemin du retour à son domicile, occasion de parler un peu du cas de "justice populaire" (plutôt injustice populacière) qui a eu lieu ici il y a quelques années où 3 personnes avaient été lynchées par un groupe déchaîné. J'apprends ainsi que 6 personnes avaient été finalement condamnées à deux années de prison. Autre face de Madagascar qui peut se montrer d'une grande violence. Ce brave pasteur à la retraite nous fait part de sa consternation et aussi sous entend d'autres raisons qui ont pu pousser certains manipulateurs à créer ce mouvement de groupe.
Nous refaisons la valise et nos sacs et nous installons sur les motos, c'est parti pour la descente douce (en passant par la centrale). A chaque fois que la pente le permet ils coupent le moteur, impressionnant silence dans un paysage bluffant de beauté.



Nos pilotes acrobates sont très prudents sur la piste bien compliquée à négocier, je profite d'un passage plus facile pour prendre Elise qui jubile de l'aventure.

Quel magnifique paysage de montagne qui nous fera descendre de plus de 300 m de dénivelé.

Plus bas le cours d'eau qui sert à alimenter la réserve du barrage.

Il y a encore beaucoup d'eau et les rapides sont impressionnants

Les cantonniers font la pause dominos sur le bord du chemin.

Le bas de la piste s'améliore après le barrage et devient route pavée.

Manitra échange la moto contre le taxi B de son frère garé à Sahanivotry pour nous ramener à Manandona, il filera ensuite à Antsirabe.


La paille de riz et le riz sont mis à sécher pour profiter du soleil revenu.


Le jardin du CFP est remarquablement bien tenu, et la clôture résiste encore bien. La porte a quand même perdu son cadenas comme celle du jardin des plantes médicinales.

Les plants de salade ont été plantés à l'ombre du bananier. Joli non ?

La pompe du jardin des plantes médicinales a elle aussi perdu son cadenas, mais elle marche toujours malgré le manque de graissage des parties mécaniques comme je l'avais demandé à plusieurs reprises... Le jardin semble peu actif (bien triste même précise Elise).

Au milieu il y a quelques rames de haricots (plante médicinale ?)

La clôture est un peu délabrée mais on n'a pas vu de poules  s'y promener.

L'ancien jardin créé par Florian et bien amendé depuis est redevenu une friche... et la clôture a été démontée pour servir à la maintenance des deux autres...


Nous filons ensuite à l'école de Manandona où AM a réalisé l'an passé un lave mains demandé depuis longtemps. Je tenais à le montrer à Elise. Première surprise la porte de l'école était ouverte. Le lavoir est très propre. On appuie sur le robinet poussoir : pas d'eau. Elise me fait alors remarquer la pierre sur la porte du regard. On s'aperçoit que la porte métallique a été arrachée avec les scellements. 

Pire encore en soulevant la porte on découvre le pot aux roses : un bouchon bricolé avec du tuyau fondu a été branché sur l'arrivée du tuyau d'eau. C'est bien normal qu'elle n'arrive plus. Les bras m'en tombent. Philibert à qui j'en parle, n'est pas au courant et il faudra que je l'emmène sur place constater le bricolage infâme pour qu'il me dise qu'il va faire réparer. Je me demande quand même (comme pour les bornes dégradées l'autre jour) à quoi sert la commission eau et qui fait le contrôle du réseau.



La promenade continue, le moral un peu touché, et nous traversons le lavaka (effondrement de terrain dû à l'érosion) du centre de Manandona.

Les couleurs du soir sont toujours aussi belles...

Un parc à zébus borde le chemin.


Malgré les nuages menaçants, il n'y aura pas d'orage ce soir.

Voahangy nous prépare de magnifiques écrevisses pour notre dîner avec une recette très agréable.


18 avril, Laimbolo la suite

Jeudi 18 avril

C'est le Jeudi Saint alors les hommes se sont levés de bonne heure pour cuire les mofo gasy, sorte de pain sucré à la farine de riz (assez étouffe chrétien à notre point de vue...) qui seront vendus lors de l'office auquel nous sommes invités.


Pendant ce temps là le moulin à décortiquer le riz scande des teuf teuf réguliers dans le calme matinal.


Dans le jardin proche on peut admirer une magnifique fleur de bananier avant que nous ne rentrions déjeuner chez Manitra et Anitra qui nous reçoivent comme des princes.


L'incroyable maison de nos hôtes construite loin de toute route. Comment font-ils ?

Nous suivons Manitra à l'église luthérienne du village... Nous sommes en retard d'une petite heure.

Le temple (qui ressemble bigrement à une église) est archi plein, il y a des bapêmes et des confirmations aujourd'hui

C'est parti pour 4 baptêmes... Le pasteur nous salue, c'est la première fois que des vahzas (blancs étrangers) assistent à un office ici...

Pour accompagner les chorales (magnifiques) les organistes se succèdent sur l'équipement de Manitra qui fournit l'électricité depuis sa maison par une connexion aérienne.

Les confirmations luthériennes n'ont rien à voir avec les rituels catholiques. Il s'agit de réciter une sorte de "catéchisme" appris par cœur sous la surveillance du pasteur.

L'assemblée vue du premier étage, accessible sans la moindre rambarde...

L'assemblée valide les réponses des confirmants en bougeant la main sans bruit... étonnant !

Manitra est un très bon pianiste qui accompagne la chorale de l'église dirigée par son neveu (quelle voix !). Son papa, ancien pasteur, nous dira qu'il a écrit plus de 1500 chansons et hymnes.

Manitra et Anitra à la sortie de l'office, il est presque 13 h...

Comme toujours il y a beaucoup de mouvements pendant les cérémonies et les gens patientent en discutant ou mangeant un morceau.
 Petit à petit la sono prêtée par Manitra revient à la maison


sous l’œil amusé de la maman et de ses filles.

Le neveu ramène aussi un des claviers mis à disposition.

Après le déjeuner nous partons voir les travaux réalisés au CSB1. Pour l'instant, l'extérieur n'est pas encore concerné.
Pour ce qui est de l'intérieur, Elise en a les bras qui tombent ! le matériel médical, sans la moindre protection, a été repoussé au centre de la pièce tandis qu'on refaisait l’enduit des murs. Une couche de poussière le recouvre, y compris des vaccins de BCG ! La sage femme titulaire est en congé maternité. Elle va accoucher à Antsirabe (prudente non ?). La jeune qui reste là est une sage femme "bénévole" formée (?) à Antsirabe en 3 années après le bac. Elle a l'air bien apathique... 


La salle des accouchées est moins délabrée, mais bien triste encore. Il y a eu deux naissances hier (il y en a environ 15 par mois). Quand on voit l'endroit et la jeune femme on tremble en pensant aux possibles complications...

Pas très sympathique comme literie, non ? Pour cette jeune femme, c'est son premier enfant...

Qui raccrochera la porte des toilettes ?

Avec un français approximatif elle essaie de nous expliquer un comportement qui ne nous paraît pas trop professionnel.

Elise entreprend de dépoussiérer les boîtes de seringues et vaccins et les matériels encore utilisables. Elle montre des trésors de pédagogie pour retenir des remarques beaucoup plus désagréables. Sera-t-elle entendue ?

Parmi les grandes misères, il y a eu l'examen des dates de péremptions des vaccins de BCG gardés hors frigo (en marche, mais vide)... certains étaient périmés depuis 2014 ! Au bout d'un moment on file après qu'Elise ait proposé une aide à la gestion rationnelle d'un tel centre... qu'en adviendra-t-il au retour de la titulaire que l'on sait par ailleurs trop souvent absente et qui revendrait certains médicaments ?... Elise est bien colère après cette escale.

Après cet épisode (douloureux) on entreprend de faire l'inventaire des positionnements de bornes de la branche N°1 du futur réseau d'eau, en s'arrêtant sur place, en discutant avec les bénéficiaires. Manitra prend des photos, discute et propose aux gens de revenir après qu'ils se soient concertés. Nous nous basons sur le plan de masse de Gabriel dont j'ai laissé un exemplaire sur l'ordinateur de Manitra. Pas question de tout bouleverser ! Quand nous finissons, la nuit tombe et l'orage gronde à nouveau. Je crois que c'est la bonne méthode (un voisin du CSB nous a donné des arguments tout à fait valables pour modifier la solution prévue). La soirée sera bien tranquille après un bon repas pris en famille.