dimanche 22 avril 2018

Manandona, le retour

Il est 5h quand le réveil sonne. Au moins on a dormi dans des lits confortables. Le jour se lève sur Antananarivo. Depuis notre chambre au 4ème étage, on aperçoit l'avenue de l'Indépendance où il y a eu plusieurs morts hier (3 puis 6 dont au moins deux enfants rumeurs impossibles à confirmer) dans des affrontements avec les forces publiques. Les gens craignent le retour à un régime de transition... et une nouvelle chute de l'économie et du tourisme. Ambiance lourde parmi les chauffeurs rencontrés au Shanghai. Après un peu d'attente pour remplacer un véhicule en panne on part pour Antsirabe (on nous taxe un peu le supplément de bagages). Le soleil est de la partie et c'est un bonheur de reprendre cette route en cette fin de saison des pluies. Les paysages sont verdoyants. On est dimanche, dans les villages les gens sont bien habillés pour les offices.

Au bout de la flèche, l'avenue de l'Indépendance

Nous attendons le Gasy Car dans le confortable accueil du Chalet des Roses
 Après Tana nous voici rapidement dans la campagne. La route s'est bien dégradée depuis mon dernier passage et les nids de poules ont pris des aspects de nids d'autruches. Au moins ça ralentit l'ardeur des chauffeurs. Dans la voiture il y a aussi deux autres passagères qui retournent à Antsirabe. Elles participent à un projet de développement des sculpteurs d'Ambositra. On garde leur adresse pour notre prochaine balade dans le secteur.

L'étonnante vue plongeante sur le marché du dimanche matin
Le débit des rivières est important en cette saison

Quand on traverse cette zone d'agriculture maraîchère on est très vite au courant des productions courantes...

et de la maturité des plantations de riz
Arrivés à Antsirabe je tente de négocier une prolongation vers Manandona, mais le prix est tellement dissuasif (le double de celui fait pour les 200 km alors qu'il ne nous reste qu'une vingtaine de km !) que nous nous contentons d'une approche vers la station de taxi B où je retrouve bruyamment mon ami l'aboyeur déjà un peu éméché. 


Le transfert acrobatique de nos fameuses valises, et cette fois pas de surcoût !
 A Manandona on retrouve Voahanghy, Noémie et Sarah qui nous attendent joyeusement. Malgré ma carte SIM bloquée j'avais pu les prévenir de notre arrivée. Nous déjeunons avec grand plaisir après avoir vu l'aménagement de la grande pièce Est de la maison. Mais c'est l'effervescence à Manandona : le lycée voisin du Sacré Coeur a organisé une super fête à l'occasion de leur jubilé de création. Soeur Lucette (l'ancienne directrice) est donc revenue pour quelques jours en cette occasion... et bien sûr elle me charge de saluer Paul de sa part. L'orage gronde, il gâchera un peu la fête mais l'eau s'évapore rapidement. La vedette du spectacle est un chanteur célèbre ici : Willy.



Il y a foule à Manandona, les voitures ont du mal à se frayer un passage.

Il y a aussi un manège en bois

Les spectateurs restent malgré la pluie...

qui rafraîchit à peine leurs ardeurs.
Certains spectateurs profitent du spectacle depuis les coursives des classes

6 musiciens, 4 choristes et 5 danseurs, c'est une formation très énergique

qui enthousiasme la foule

vraiment nombreuse à avoir envahi la cour de récréation.

On y retrouve plein de gens de connaissance, pour notre arrivée c'est réussi !
 Mais autour de la cour, trois mini studios de photographes ont été installés. Dans des décors kitchissimes des spectateurs viennent se faire tirer le portrait. Une fois le cliché pris, on va l'imprimer à l'arrière de la tente où tourne un petit groupe électrogène suffisant pour alimenter un ordi portable et une imprimante. La réinvention du Polaroid de studio !

Un décor et un exemple d'image vendue

Tous les clichés du genre sont de sortis, y compris les signes avec les doigts.

Moment décisif, la sortie sur imprimante !
 On file se promener dans le village où nous croisons à nouveau des gens que je connais bien. C'est agréable, chaleureux et paie de nos journées de ce voyage un peu éprouvant. C'est l'occasion dans le jour tombant, de déguster un de ces ciels magiques dont cette île a le secret.


 On a réorganisé l'espace de vie au gîte pour libérer la salle de télé (celle dont la porte vitrée donne sur le mont Ibit) et nous organisons deux pièces partagées. Il faut donc prudemment prévoir les nouveaux points d'accrochage des moustiquaires.


Au dîner ce soir des avocats des kakis... on en reparlera sûrement !

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