dimanche 5 novembre 2017

Dimanche à la campagne

Dimanche 5 novembre
Il fait encore bien beau ce matin. La pluie boude, il n’y a rien à faire. J'ai bien dormi et c'est l'ouverture, pourtant discrète, de la porte de la cuisine par Voahangy qui m'a réveillé. Tout va bien.
Un peu plus tard c'est Tomosina de Sahanivotry qui vient me voir avec son père pour me donner la commande de pierres de Claudie, et la facture (intéressante). Voilà 5kg pour mes bagages... moi qui n'aime pas trop la caillasse, j'espère qu'il ne m'arrivera rien dans les douanes diverses du retour. Ils sont en scooter, sans casques et elle tient son bébé enroulé dans une maigre couverture. Pourvu qu'il ne leur arrive rien.

Tout est bien rangé et étiqueté, mais ça fait bien des sachets !
Je commence à faire mes bagages  et je me rends à l'évidence : impossible que tout tienne dans une valise, alors un peu penaud je dis à Voahangy que je vais reprendre celle que j'avais prévu de lui laisser... elle comprend bien devant le bazar étalé sur le lit.

Vers 10h Florian arrive il a prévu de me faire découvrir des faces cachées de Manandona. Je préviens que je ne serai pas là au déjeuner. On passe voir leur petite maison plutôt mignonne avec du solaire sympathique (ils ont même un congélateur !)

La petite maison de Florian et Felana
 On repart tous les trois vers la maison des parents de Felana, pas bien loin de l'autre côté de la RN7 auprès de laquelle se trouvent terres et animaux de la ferme de Florian. Ils me montrent leur nouveau jardin (gare à l'arrosage en ces temps trop secs).

Le paillage une des règles d'or de l'agroécologie

C'est quand même bien la proximité d'une borne fontaine
Leurs deux vaches laitières curieuses des arrivants
 Nous partons dans la montagne pour qu'il me montre quelques unes de ses parcelles (les plus faciles d'accès). On domine magnifiquement la plaine et il m'explique toutes les espèces qu'il expérimente ici avec gourmandise. Je suis très nul en botanique, mais j'aime l'écouter me raconter les vertus de telle et telle plante, fourragère ou engrais vert, délicieuse ou pas facile à implanter ici...

Les plantes en train de monter en fleurs pour les graines
Pas mal la vue non ?
Nous redescendons prudemment vers la maison où je suis invité à partager le repas dominical sans chichi (il a prévenu que je mangeais de tout). Je suis accueilli avec tant de bons sourires bienveillants ! Il faut monter à l'étage par une vilaine échelle-escalier et nous nous installons pour déjeuner. 

La maison des parents de Felana, typique des Hauts Plateaux
 La sœur ainée de Felana est là avec son bébé de trois mois. Il passera de mains en mains avec des montagnes de tendresse. C'est informel, joyeux... Au menu des koba (dire coub) ce sont des galettes de farine eau et sucre cuites dans l'eau entourées de larges feuilles de plante. La confiture est bienvenue, je cale au bout d'une... puis c'est le riz (normal). Tandis que Felana démarre une sieste avec le petit nous partons  avec Florian.

Les paquets de koba qu'il faut ouvrir

Nous sommes six dans la maison, chacun trouve une place
Nous longeons le canal d'alimentation en eau des rizières. Il y a une ligne électrique ! Il s'agit d'une installation familiale d'un député qui en fit cadeau à sa famille regroupée dans un hameau proche. Il alimentait aussi ce qui fut longtemps le seul hôtel de Manandona (aui lui appartenait d'ailleurs). Un peu plus loin on passe auprès du bâtiment qui abrite la turbine..

L'étonnante ligne électrique du député
La maison de la centrale électrique
A quelques pas de là débute un aqueduc métallique. De quand date-t-il ? de la colonisation ? de l'indépendance ? Mystère à éclaircir. Cet aqueduc traverse un canyon que nous allons remonter avec plaisir. Dépaysement garanti.

L'eau qui coule dans l'aqueduc est bien chargée de sable

J'étais intrigué depuis des années par cet ouvrage qu'on voit depuis la RN7
On remonte un petit cours d'eau qui descend de la montagne. Il y a des familles qui s'y lavent ou qu y font la lessive dominicale. Au fur et à mesure le canyon se resserre et la température devient de plus en plus moite. Bienvenue sous les tropiques !

Quel bonheur de pouvoir marcher et grimper sans souci ! Merci la science !

Florian cherche (et trouve ) de minuscules plantes carnivores

Des tailleurs de pierre viennent jusqu'ici casser des blocs de granit pour en faire des pavés de soubassement

Des tas d'orchidées préparent leur floraison

Tout au bout du canyon une jolie petite cascade.
Eh pleine saison des pluies ce doit être une autre histoire !
Nous rentrons à la maison. Je salue mes hôtes avec effusions réciproques. Quel bon dimanche ! Je me rappelle la visite ratée au pasteur d'hier et décide d'y retourner. Promesse aussi de 4 km de marche supplémentaire. C'est la dame qui m'accueille avec un grand plaisir. J'ai droit à des remerciements appuyés pour la borne fontaine placée chez eux (à notre grande surprise l'an passé) Clara est là, elle repart pour Antsirabe où elle étudie pour des formations touristiques. Cela fait 7 ans que je la connais et je la vois errer un peu, se durcir aussi, perdre une à une ses illusions et ses rêves. Lui reste l'énergie et des lueurs d'espoirs... pourtant elle ne manque pas de talents. En passant on s'arrête chez sa cousine Misa qui me présente son père Julien agriculteur.C'est l'heure de la bouffe pour les cochons, ici aussi la patate est au menu !

L'heure de la pâtée des cochons tâchetés
Le papa, deux tantes, Misa, sa maman et Clara
En remontant vers le goudron on fait des rencontres fragiles, j'ai beau dire que c'est dangereux, un éclat de rire est la réponse la plus fréquente.
Une planchette de bois fixée sur le cadre et voici un biplace.
On se sépare. Elle attend un bus ou une voiture pour Antsirabe et je rentre au gîte. A l'an prochain !
Voahangy m'attend por le repas du soir "c'est plus facile quand i n'y en qu'un !" Ambiance détendue. Juste avant de partir, se coucher Noé vient me donner un taxi b miniature pour mon petit fils. En y regardant de plus près, il y a un message dedans. Un secret ?
Bon moment encore avant le repas, la douche et ce blog, compagnon sympathique de ma solitude au gîte.

Noé et le bus mystérieux


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